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Bloombeing

Pourquoi le silence?

On me demande souvent pourquoi je valorise le silence et pourquoi j’offre des journées ou des moments en silence lors de mes ateliers. Le silence permet de se déposer, se recentrer et retrouver son espace intérieur.

 

Quand avez-vous pris, pour la dernière fois, une journée entière sans avoir à répondre à quelqu’un, à produire quelque chose, à prendre une décision ou à aller quelque part?

 

Une journée où vous n’avez rien à accomplir.

Rien à prouver.

Rien à régler.

Simplement exister.

 

Dans une société où tout s’accélère : les notifications, les obligations, les informations, les sollicitations et même nos propres pensées, le silence peut sembler presque déstabilisant. Et pourtant, il devient de plus en plus précieux.

 

S’offrir une journée en silence, ce n’est pas se couper du monde. C’est, pendant quelques heures, revenir à soi.

 

Le silence n’est pas l’absence de bruit. C’est un espace intérieur.

 

Lorsque nous pensons au silence, nous imaginons souvent l’absence de paroles et de sons.

Mais le véritable silence va beaucoup plus loin.

Il est possible d’être dans une pièce parfaitement silencieuse et d’avoir la tête remplie de pensées, de préoccupations, de scénarios et de listes de choses à faire.

Notre corps peut être immobile alors que notre système nerveux est encore en mode « action ».

Notre bouche peut être silencieuse alors que notre mental parle sans arrêt.

Et nos émotions peuvent continuer à nous habiter longtemps après que nous avons cessé de les exprimer.

C’est pourquoi une journée en silence n’est pas simplement une journée où l’on ne parle pas.

C’est une invitation à ralentir suffisamment pour que tout ce qui nous habite puisse enfin s’apaiser.

 

Pourquoi avons-nous autant besoin de nous déposer?

Nous vivons dans un environnement qui sollicite constamment notre attention.

Nous passons d’une tâche à l’autre, d’un écran à l’autre, d’une conversation à l’autre. Nous sommes souvent encouragés à être plus efficaces, plus rapides, plus disponibles.

Même nos moments de repos sont parfois remplis : téléphone, télévision, réseaux sociaux, balados, musique, informations…

Nous avons appris à nous arrêter que lorsque nous sommes épuisés.

Mais nous avons beaucoup moins appris à nous arrêter avant d’être épuisés.

Or, prendre régulièrement un temps de recul peut devenir une véritable forme d’hygiène intérieure.

Comme nous avons besoin de dormir pour permettre à notre corps de récupérer, nous avons aussi besoin de moments où nous pouvons nous retirer temporairement des sollicitations extérieures pour retrouver notre équilibre intérieur.

Lorsque le corps ralentit, quelque chose commence à changer

Avant même de chercher à calmer nos pensées, il est important de permettre au corps de ralentir.

Un corps constamment sollicité peut avoir de la difficulté à se déposer. Lorsque nous sommes sous pression, notre organisme mobilise des mécanismes physiologiques conçus pour nous aider à faire face aux demandes de notre environnement.

Ces mécanismes sont précieux lorsqu’ils sont nécessaires.

Le problème survient lorsque nous restons trop longtemps dans un état de mobilisation, sans véritable période de récupération.

Une journée en silence offre alors quelque chose de rare : du temps sans urgence.

Du temps pour respirer.

Du temps pour ralentir.

Du temps pour sentir son corps.

Du temps pour simplement être là.

Et lorsque le corps commence à comprendre qu’il n’a rien à faire, rien à fuir et rien à gérer dans l’immédiat, il devient souvent plus facile de se tourner vers l’intérieur.

Faire taire le mental… ou enfin pouvoir l’entendre

Nous avons parfois tellement de pensées que nous ne savons plus ce que nous pensons réellement.

Le mental anticipe.

Analyse.

Compare.

Planifie.

Se rappelle le passé.

Imagine le futur.

Cherche des solutions.

Et parfois, il s’inquiète de choses qui ne se sont pas encore produites.

Dans cet état de suractivité mentale, il devient difficile d’entendre ce qui est plus subtil : une intuition, un besoin profond, une émotion, une évidence intérieure.

Le silence crée un espace entre les pensées.

Il ne s’agit pas nécessairement de ne plus penser. Ce serait une attente bien difficile à atteindre!

Il s’agit plutôt d’apprendre à ne pas être constamment emporté par chacune de nos pensées.

À les observer.

À les laisser passer.

À revenir au souffle, au corps, aux sensations et à l’instant présent.

Peu à peu, le bruit intérieur peut diminuer.

Et dans cet espace, quelque chose de différent peut apparaître : la possibilité de s’écouter véritablement.

Retrouver un espace de calme au cœur de ses émotions

Nos émotions occupent également une place importante dans notre expérience intérieure.

Lorsque nous sommes préoccupés, anxieux, irrités ou bouleversés, notre perception de la réalité peut être profondément influencée par notre état émotionnel.

La cohérence cardiaque et différentes pratiques de respiration peuvent contribuer à créer un état de plus grande régulation et d’apaisement.

Lorsque le corps, la respiration et le rythme cardiaque retrouvent davantage de cohérence, il devient souvent plus facile de prendre du recul face à ce que nous ressentons.

Nous ne cherchons pas à supprimer nos émotions.

Au contraire.

Nous créons suffisamment d’espace pour pouvoir les ressentir sans être entièrement dirigés par elles.

C’est une nuance importante.

Le calme intérieur ne signifie pas l’absence d’émotions.

Il signifie pouvoir les accueillir avec davantage de présence.

Et si le vide était exactement ce dont nous avions besoin pour se sentir bien?

Nous avons souvent peur du vide.

Nous cherchons spontanément à le remplir.

Une conversation.
Une activité.
Un écran.
Une pensée.
Une décision.
Un projet.

Pourtant, lorsque le corps se dépose, que le mental ralentit et que les émotions s’apaisent, il peut apparaître un espace étonnant : un espace où nous n’avons plus besoin de faire.

Nous pouvons simplement être.

Sans attente.

Sans objectif.

Sans avoir à trouver une réponse.

C’est peut-être l’une des expériences les plus précieuses d’une journée en silence : découvrir que nous n’avons pas toujours besoin d’ajouter quelque chose à notre vie pour nous sentir mieux.

Parfois, nous avons plutôt besoin d’en retirer.

Une journée en silence : un choix pour soi

Une journée en silence n’est ni une punition, ni une retraite imposée, ni un exercice de privation.

C’est un choix.

Le choix de se donner du temps.

Le choix de mettre temporairement le monde extérieur sur pause.

Le choix de ne pas être disponible pour tout le monde pendant quelques heures afin de redevenir disponible pour soi.

Et surtout, il n’est pas nécessaire d’être une personne méditative, spirituelle ou habituée au silence pour en bénéficier.

Il suffit d’arriver avec une certaine ouverture et de laisser l’expérience se déployer.

Il n’y a rien à réussir.

Rien à performer.

Rien à atteindre.

Le silence n’est pas une autre tâche à ajouter à notre liste.

C’est précisément l’occasion de déposer la liste.

Les bienfaits ne s’arrêtent pas lorsque la journée se termine

Une journée en silence ne change évidemment pas tout en quelques heures.

Mais elle peut créer un point de repère.

Un moment où l’on a pu expérimenter ce que cela fait de ralentir véritablement.

De respirer différemment.

D’observer ses pensées plutôt que de les suivre automatiquement.

De prendre du recul face à ses émotions.

De retrouver ses sensations.

D’habiter pleinement le moment présent.

Et cette expérience peut continuer à nous accompagner après notre retour à la maison.

Peut-être commencerez-vous à remarquer plus rapidement les signes de surcharge.

Peut-être aurez-vous envie d’intégrer quelques minutes de respiration consciente dans votre journée.

Peut-être découvrirez-vous que vous avez besoin de moins de stimulation.

Ou peut-être simplement développerez-vous une plus grande capacité à vous arrêter avant que votre corps et votre esprit ne vous y obligent.

Le véritable cadeau du silence n’est donc pas nécessairement ce que l’on ressent pendant cette journée.

C’est aussi ce que l’on apprend à reconnaître et à reproduire après.

Se déposer pour mieux repartir

Nous pensons souvent que pour avancer, il faut faire davantage.

Mais il existe un autre mouvement, tout aussi essentiel : s’arrêter.

S’arrêter pour respirer.

S’arrêter pour écouter.

S’arrêter pour sentir.

S’arrêter pour retrouver ce qui est vraiment important.

Une journée en silence permet de créer ce précieux espace de recul.

Un espace pour faire un « reset ».

Pour vider temporairement le trop-plein.

Pour retrouver son centre.

Et peut-être repartir ensuite avec un peu moins d’agitation, un peu plus de clarté et surtout, une relation différente avec soi-même.

Parce que parfois, la meilleure façon de savoir où aller est simplement de s’arrêter assez longtemps pour pouvoir enfin s’écouter.